Et si c’était l’incertitude, plus que les droits de douane, qui coûtait le plus cher ?

En février 2026, la Cour suprême américaine invalide les droits de douane « réciproques » que l’administration Trump avait imposés sur la quasi-totalité des importations mondiales via une loi d’urgence économique. Le même jour, Trump riposte en invoquant un autre texte, la Section 122, qui permet au président d’imposer une surtaxe temporaire de 10 % sur les importations pour réduire un déficit commercial jugé excessif. Le 7 mai, un tribunal de commerce invalide à son tour ces nouveaux droits : les conditions légales n’étaient pas réunies. Une cour d’appel a depuis suspendu cette décision, et les tarifs continuent d’être perçus. Deux programmes de droits de douane invalidés en 78 jours. Les entreprises qui importent ne savent toujours pas, ce matin, quels droits elles doivent payer.

Pourquoi ça mérite votre attention

Ce que la plupart des gens ignorent, c’est qu’un droit de douane n’est plus, depuis trente ans, une simple taxe à la frontière. C’est le signal de départ, ou d’arrêt, de toute une séquence de production repartie aux quatre coins du monde.

Une usine au Vietnam assemble des composants conçus en Corée, fabriqués en Chine, pour des clients américains. Ce modèle de chaîne de valeur mondiale a été conçu pour optimiser chaque maillon. Sa contrepartie : la moindre incertitude tarifaire se propage à tous les maillons simultanément.

Les chiffres donnent le vertige. Près de 166 milliards de dollars de droits de douane jugés illégaux sont en cours de remboursement. La banque centrale américaine estime que 90 % du coût des tarifs a été absorbé par les entreprises et les consommateurs américains, soit l’effet inverse de celui recherché. Selon le Tax Foundation, la facture supplémentaire atteint environ 1 300 dollars par ménage en 2026.

La désorganisation est presque plus coûteuse que le tarif lui-même. Les entreprises ne peuvent pas planifier leurs commandes, négocier leurs contrats, ni calibrer leurs stocks. Les usines de Ha Nôi, Mumbai ou Monterrey, qui produisent pour les marchés américains, intègrent cette incertitude dans chaque décision d’investissement.

Comprendre pourquoi un jugement américain peut paralyser une usine asiatique, c’est comprendre comment les chaînes de valeur mondiales ont été construites. Et ce qu’elles impliquent vraiment.

Pour comprendre comment les chaînes de valeur mondiales se sont construites, pourquoi elles amplifient chaque choc tarifaire, et ce qui se passe vraiment quand un gouvernement veut « relocaliser », lisez le Fondamental « Commerce international et chaînes de valeur. »

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Article rédigé par The Foundations – Les bases pour comprendre l’actualité

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