Piraterie mondiale au plus bas, 94 % des otages en Somalie
Trente-huit actes de piraterie recensés dans le monde au premier semestre 2026, le total le plus faible depuis 1992. Et pourtant 94 % des marins pris en otage l’ont été par des pirates somaliens. Un compteur qui baisse peut cacher un risque qui a changé de nature.

Le fait
Le Bureau maritime international a recensé 38 actes de piraterie dans le monde au premier semestre 2026, le total le plus faible depuis 1992, contre 90 un an plus tôt. Sur la même période, cinq navires ont été détournés, dont quatre au large de la Somalie entre avril et mai. Et sur les 67 marins pris en otage, 94 % l’ont été par des pirates somaliens, dont les captures se poursuivent depuis.

Pourquoi cela compte
Un compteur d’incidents additionne des événements qui n’ont rien de comparable. Le vol de cordages sur un navire au mouillage compte pour un. La capture d’un pétrolier retenu des semaines contre rançon compte aussi pour un. Le total s’effondre quand les petits larcins reculent : deux incidents seulement dans le golfe de Guinée, quatre dans le détroit de Singapour. Pendant ce temps, les marins pris en otage passent de 40 à 67 en un an. Le chiffre baisse pendant que le danger change de nature.
Cette confusion a des effets contractuels. Les associations professionnelles du transport maritime ont retiré l’océan Indien de la liste des zones à haut risque au 1er janvier 2023, faute d’attaque recensée contre un navire marchand au large de la Somalie depuis 2018. Ce classement servait de déclencheur dans les contrats d’affrètement : il ouvrait le remboursement, par l’affréteur, des gardes armés et des équipements de protection. La prévention a été démontée parce qu’elle avait fonctionné.
Pour qui cela change-t-il quelque chose ? Pour les équipages d’abord, privés de la protection que ce classement finançait. Pour les armateurs ensuite, qui assument seuls le coût de cette protection là où les détournements ont repris. Et pour tout importateur dont la marchandise emprunte ce couloir : le coût du détour finit dans le prix rendu à quai.
Pour comprendre qui décide vraiment de ces classements et de ces règles, lisez le Fondamental « Les institutions internationales : qui fixe les règles. »
Vous y verrez pourquoi une résolution contraignante peut être annulée par un seul veto, comment le pouvoir réel se loge dans les procédures de vote plutôt que dans les textes, et pourquoi les grandes puissances peuvent s’affranchir des règles sans conséquence.
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