Surcapacité batteries : 2 609 GWh approuvés en sept mois
Pékin gèle les nouvelles usines de batteries après avoir approuvé, en sept mois, plus de capacité annuelle que le pays n’a produit en un an. Derrière ce coup d’arrêt, un mécanisme simple : la surcapacité fabrique la baisse des prix, et sa correction administrative la stoppe avant terme.

Le fait
Pékin a suspendu l’approbation des usines de batteries qui n’ont pas encore commencé leurs travaux, le temps d’un réexamen des capacités attendu d’ici la fin de l’année. Les chantiers déjà lancés continuent. La raison tient en deux nombres : entre janvier et juillet 2026, une centaine de projets d’extension ont été validés pour 2 609 GWh de capacité annuelle, alors que la production chinoise de batteries a atteint 1 756 GWh sur toute l’année 2025.

Pourquoi ça mérite attention
Une capacité n’est pas une demande. Sur cette production 2025, 770 GWh ont été installés dans des véhicules assemblés en Chine et 305 GWh exportés ; le stockage stationnaire a absorbé l’essentiel du reste, et les ventes ont suivi la production de près, à 1 704 GWh. Le déséquilibre n’est donc pas dans les invendus : il est dans les usines encore à bâtir. Quand une usine déjà construite doit tourner pour amortir son investissement, elle vend au prix qui remplit la ligne, pas au prix qui couvre ses coûts. C’est cette mécanique, autant que le progrès technique, qui a fait tomber le prix moyen mondial d’un pack lithium-ion de 139 dollars le kWh en 2023 à 108 dollars en 2025.
L’enjeu dépasse les fabricants. Le prix du kilowattheure stocké commande le calendrier de l’électrification : chaque dollar en moins rend un parc de stockage ou un véhicule rentable plus tôt. Mettre fin à la surcapacité par décision administrative plutôt que par faillites protège les marges des industriels, mais interrompt aussi la déflation dont vivent les acheteurs. Ceux-ci sont partout : un pack coûte déjà 56 % de plus en Europe et 44 % de plus en Amérique du Nord qu’en Chine.
Pour comprendre pourquoi un secteur en plein essor finit toujours par construire plus qu’il ne peut vendre, lisez le Fondamental « Les cycles économiques : récession, expansion, bulles. »
Vous y trouverez les cinq phases du cycle spéculatif identifiées par Hyman Minsky, les indicateurs avancés qui signalent un retournement avant les prix, et pourquoi le surinvestissement est la signature des phases d’euphorie.
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